Mise en place d’un système automatisé de préparation et d’injection en TEP
Knowler, E.[1] Bartley, L.[1] Talboys, M.[1] Marshall, C.[1] de Wet, M.[1]
BNMS (British Nuclear Medicine Society) – Spring Meeting 2018 – Birmingham (Royaume‑Uni) – 14‑16 avril 2018
[1] Wales Research and Diagnostic Positron Emission Tomography Imaging Centre, Cardiff, CF14 4XN
La tomographie par émission de positons au fluorodésoxyglucose marqué au fluor‑18, couplée à la tomodensitométrie (TEP/TDM) du corps entier, constitue l’un des éléments fondamentaux du bilan d’extension dans de nombreux cas d’oncologie (Quinn et al., 2016). Avec l’augmentation du nombre de patients en TEP/TDM, on observe une hausse significative des doses reçues par le corps et les extrémités des opérateurs chargés de la préparation, de l’administration et de l’acquisition des examens. Un audit réalisé en 2015 sur les doses du personnel au PETIC de l’University Hospital of Wales a mis en évidence la nécessité d’un système automatisé de préparation et d’injection pour optimiser la dose reçue par les opérateurs.

La figure 1 montre une représentation graphique de la répartition des doses reçues par le personnel pour chaque tâche associée à un examen TEP, de la préparation au départ du patient (rouge = dose la plus élevée, vert = dose la plus faible). L’injection est l’étape qui expose le plus le manipulateur, suivie par l’acquisition des images.
Nous surveillons les doses corporelles et digitales du personnel à l’aide de différents dispositifs. Un dosimètre thermoluminescent (TLD) en anneau est porté sur le majeur de la main dominante, orienté vers l’extérieur pour assurer la cohérence des mesures ; les valeurs obtenues sont ensuite multipliées par un facteur 6.
Comme prévu, l’audit de 2015 a montré que plus un manipulateur effectuait de préparations mensuelles, plus sa dose digitale mesurée au TLD était élevée. Deux manipulateurs étaient susceptibles de dépasser la limite annuelle fixée pour le personnel non classé (150 mSv) (graphique 1).

À la lumière de ces résultats, les recommandations ont été d’optimiser les procédures de préparation et d’injection, de surveiller en continu les risques de contamination, d’augmenter l’utilisation des EPI lors de la préparation (pinces, forceps), et de garantir une formation adéquate. De plus, le manipulateur A (graphique 1) a été invité à porter des gaines TLD sur les doigts afin de mesurer plus précisément la dose digitale. Face aux doses digitales élevées, nous avons décidé d’acquérir un injecteur automatique.
Un processus d’appel d’offres détaillé a conduit à l’achat et à l’installation d’un Posijet V3 (Lemer Pax) début juin 2017. Les critères incluaient le volume maximal du flacon, l’activité maximale, le volume minimal de dispensation et l’encombrement de l’appareil. Étant le premier système Posijet V3 installé au Royaume‑Uni, une évaluation a été menée pour déterminer son efficacité à réduire les doses opérateurs (graphique 2).

Au cours des trois premiers mois suivant l’installation, nous avons utilisé le Posijet pour 488 doses. Nous avons observé une précision de 97,5 % pour des dispenses dans ±10 % du niveau de référence diagnostique (4 MBq/kg), contre 91 % en 2016 avec la préparation manuelle. Malheureusement, le Posijet ne permet pas de « compléter » une dose ; nous avons donc constaté une variation allant de +9 % à –25 % entre l’activité administrée et l’activité prescrite (graphique 3).

Le Posijet V3 est un système fiable et fonctionnel pour la préparation et l’administration automatisées des radiopharmaceutiques (actuellement FDG uniquement). Le personnel apprécie sa facilité d’utilisation et sa maniabilité malgré ses 380 kg. Il offre une excellente traçabilité via une application web : les données de dispensation, d’administration et de contrôle qualité sont enregistrées dans des tableaux téléchargeables.
Les doses corporelles et digitales du personnel ont diminué au cours des trois premiers mois d’utilisation, démontrant son efficacité.
Les problèmes identifiés sont :
- Impossibilité de modifier le nom de l’opérateur après la dispensation.
- Impossibilité de « compléter » l’activité lorsque la dose initiale a trop décayé (au‑delà de 10 % de la dose prescrite).
- Débit de dose plus élevé au niveau de l’orifice de ventilation (fig. 4).
- Le personnel en a été informé lors de la formation.
- Préparer les kits patients en se tenant à distance de la ventilation.

Nous prévoyons de réaliser un audit des doses oculaires à l’aide d’un TLD dédié afin de déterminer si le chargement du flacon dans le Posijet entraîne une dose oculaire élevée, notamment au regard du durcissement récent de la législation.
Peet, D. Morton, R. Hussein, M. Alsafi, K. and Spyrou, N. 2012. Radiation protection in fixed PET/CT facilities—design and operation. British Journal Radiology. 85(1013): 643–646. Quinn, B. Dauer, Z. Pandit‑Taskar, N. Schoder, H. Dauer, L. 2016. Radiation dosimetry of 18F‑FDG PET/CT: incorporating exam‑specific parameters in dose estimates. MBC Med Imaging. 16:41.
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