Maddalena Maietta Lemer Pax

Mission accomplie pour Maddalena Maietta et Lemer Pax

Le 13 décembre dernier, Maddalena Maietta, jeune physicienne italienne, a été la première des 15 doctorants du projet européen MEDICIS Promed*(MEDICIS-produced radioisotope beams for medicine), à soutenir sa thèse « Aspects de radioprotection associés aux radionucléides pour applications médicales ». Devant un jury composé de Ferid Haddad (Directeur d’Arronax), Sébastien Avila (Lemer Pax), Arnaud Cadiou (Subatech), Thierry Stora (CERN), Ulli Koester (ILL Et CERN), Daniel Cussol (IN2P3 à Caen), Helmut Vincke (CERN), et Nunzio Tino Burgio (ENEA à Rome) elle a présenté le résultat de ses travaux qui a donné naissance à un conteneur de type B destiné à acheminer les isotopes exotiques et réalisé par Lemer Pax.

 

Le CERN et les isotopes exotiques

Le Conseil Européen pour la Recherche Nucléaire, spécialiste de la physique fondamentale, a décidé de diversifier ses activités. Dans le sillage de la success-story AAA, aujourd’hui Novartis, spin off du CERN, il a décidé de valoriser ses travaux dans le domaine de la médecine nucléaire. Un consortium de recherche, MEDICIS Promed, a donc été mis en place autour de cette thématique.

Avec le laboratoire MEDICIS, organisme de recherche du CERN, qui produit au moyen d’un faisceau de protons et d’un procédé innovant de séparation de masse, des isotopes radioactifs pour des applications médicales, s’est greffé tout un maillage européen d’académiques et d’industriels dont l’ILL (Institut Laue-Langevin) de Grenoble, Arronax et plusieurs universités européennes de renom.

A ce titre, Lemer Pax, qui est avec AAA l’un des deux industriels de cette boucle vertueuse, a bénéficié d’une aide de l’Europe et a accueilli pendant trois ans une doctorante pour travailler sur la radioprotection et le transport de ces isotopes innovants. Un projet ambitieux qui englobe la totalité des problématiques, de la production jusqu’aux phases pré-cliniques, dans le développement de radiopharmaceutiques, destinés au traitement de cancers notamment de l’ovaire et du cerveau. Cet exigeant projet européen a d’ores et déjà donné de bons résultats. Des brevets ont été déposés et des communications scientifiques publiées. Cette dynamique collaborative enclenchée, loin de s’essouffler, va se poursuivre puisque la deuxième étape de ce volet européen se met en place, dans le cadre de l’appel à projet Horizon 2020. Nantes a d’ailleurs, dans ce domaine, une bonne carte à jouer puisque la métropole du grand ouest possède des atouts de premier ordre avec notamment le cyclotron Arronax, Subatech, les équipes de l’INSERM, qui font un travail remarquable en médecine nucléaire et en alpha-thérapie, entourées par un solide tissu industriel dont font partie Lemer Pax et Naogen Pharma.

Posisafe

Conteneur de transport Colibri – Lemer Pax

Une excellence ligérienne mise en lumière par MEDICIS Promed

Le projet MEDICIS Promed avait pour ambition de couvrir l’ensemble du spectre concernant la filière depuis la production d’isotopes, à visée médicale, jusqu’à l’utilisation finale. La thèse de Maddalena Maietta, « Aspects de radioprotection associés aux radionucléides pour applications médicales », s’est attachée à l’étude des normes de transport édictées par l’AIEA, à la conception et à la réalisation d’un conteneur de type B et à la gestion des déchets concentrés sur les équipements de production.

En effet, lorsqu’il est question de transfert de matière nucléaire l’AIEA définit les limites transportables en termes d’activité, étant entendu que ces dernières sont parfaitement connues pour les isotopes les plus utilisés mais encore assez floues concernant les isotopes exotiques. L’AIEA a donc défini des limites très faibles et standardisées que Maddalena a recalculé en respectant les grands critères de risque pour vérifier leur efficience et estimer si elles avaient besoin d’être réactualisées, parce que jugées trop génériques, pour le transport de radioisotopes innovants. En définitive les normes de l’AIEA se sont avérées très strictes.

Pour autant, pour produire plus, il est nécessaire de passer à un conteneur sécurisé ayant bénéficié d’une conception drastique basée sur des hypothèses de qualification les plus contraignantes. A cet égard, le conteneur de Type B peut transporter l’équivalent de 200 conteneurs contenant du Lu-177,  l’isotope en vogue actuellement. Une liste d’isotopes a été établie et un long travail de mise au point a occupé pendant plusieurs mois les équipes de Lemer Pax. Travail de conception, calcul de radioprotection, de mécanique, de thermique, design mécanique, qui a donné naissance à six itérations, avant d’arriver aux deux prototypes qui viennent en support de l’étude théorique et attendent leur certification prévue lors du premier semestre 2019.

Enfin, le dernier point examiné en partenariat avec le CERN, pour quantifier et identifier les isotopes affectant les équipements de production de radiopharmaceutiques, à l’aide d’un outil logiciel spécifique, concerne le besoin d’affiner l’évaluation des déchets dans les centres de production, principalement les cyclotrons. Pour cela, une modification a été apportée au logiciel développé par le CERN afin d’obtenir une modélisation réaliste des déchets générés avec d’autres énergie d’accélération, et reproduire les situations inhérentes aux cyclotrons installés en Europe. Pour le traitement des déchets, L’ANDRA a besoin de quantifier et qualifier l’ensemble des isotopes présents dans les déchets. Un nouveau chantier va donc s’ouvrir entre les divers protagonistes responsables de la certification et les producteurs responsables de déchets nucléaires de faible activité pour définir de nouveaux process de gestion des déchets issus de centres de production de radioisotopes à visée médicale.

*Le projet MEDICIS-Promed est financé par la Commission Européenne dans le cadre de son programme Horizon 2020. (Contrat 642889)

  • CERN : Conseil Européen pour la Recherche Nucléaire
  • ILL : Institut Laue-Langevin  (Grenoble)
  • Subatech : Laboratoire de physique subatomique des technologies associées (Nantes)
  • IN2P3 : Laboratoire de physique corpusculaire  (Caen)
  • ENEA : Energie nucléaire et Energie Alternative  (Rome)
  • ITG : Isotope Technologies Garching  (Munich)
  • ANDRA : Agence Nationale pour la gestion des Déchets Radioactifs