Utilisation d’un prototype de cabine de radioprotection en neuroradiologie vasculaire : dosimétrie et ergonomie

Joel Guersena,*,  Kaouthar Karmouchea, Jean-Baptiste Moyona, Estelle Osmonda, Maxime Poulina, Jean Gabrillarguesa,b, Betty Jeana,b, Emmanuel Chaberta, Frédéric Dutheila, Lucie Cassagnesa,b, Louis Boyera,b

a Pole d’imagerie et de radiologie interventionnelle, CHU de Clermont-Ferrand, 63003 Clermont-Ferrand, France

b ISIT UMR 6284 CNRS, Université d’Auvergne, Auvergne, France

Les équipements de protection individuelle plombés sont lourds, offrent une faible ergonomie et protègent la zone du corps qu’ils couvrent avec une efficacité relative.

OBJECTIF :

L’objectif de cette étude était de comparer la performance d’un prototype[1] de cabine de radioprotection en neuroradiologie interventionnelle et d’évaluer sa compatibilité en routine.

METHODES & RESULTATS :

La cabine de radioprotection utilisée était un prototype dérivé du modèle Cathpax® AF avec un blindage équivalent plomb de 2mm en façade, sur la partie gauche et la partie supérieure. Un écran mobile standard a été positionné  derrière la cabine pour stopper les rayonnements rétro-diffusés depuis les murs de la salle de procédure.

L’étude a nécessité 24 TLD en forme de carré et des TLD pour la dosimétrie oculaire :

  • Une série de 12 dosimètres a été utilisée pour les procédures avec cabine
  • Les 12 dosimètres restants pour les procédures avec des EPI standards

Le seuil de détection des dosimètres était de 10µSv

Les quantités mesurées étaient Hp (0.07) pour les carrés TLD et Hp (3) pour les TLD oculaires

L’incertitude relative des mesures était de ±30%. Il s’agissait d’une incertitude étendue (indice de confiance 95%, k = 2)

  • 3 neuroradiologues étaient impliqués dans l’étude
  • Le nombre de procédures s’est élevé à 38 :
    • 21 procédures ont été conduites avec la cabine de radioprotection (19 artériographies et 2 embolisations)
    • 17 procédures ont été conduites avec les EPI standards (16 artériographies et 1 embolisation)
  • Le PDS moyen des procédures du premier groupe avec la cabine était de 15,467cGy.cm2, contre 13,929 cGy.cm2 pour le second groupe avec EPI standards.

Les résultats dosimétriques à l’intérieur de la cabine :

  • Réduction moyenne globale de  74% au niveau de la dose équivalente Hp (0.07) reçue par les opérateurs utilisant la cabine
  • La dose au cristallin (Hp (3)) a été divisée par 2 au niveau de l’oeil gauche
  • La dose à la thyroïde a été divisée par 4
  • Les doses au thorax et au pied gauche ont été divisées par 20

Les résultats en termes d’ergonomie à l’intérieur de la cabine :

  • La facilité de la  mise en place du guide et de la sonde a été évaluée de modérément à hautement satisfaisante dans 62% des cas
  • La mobilité de la cabine et des mains a été évaluée de modérément à hautement satisfaisante dans 85% des cas
  • La manoeuvrabilité de l’équipement a été modérément appréciée dans 75% des cas

LIMITES :

  • L’étude a délibérément été réalisée dans le cadre de procédures simples
  • Les résultats ont été obtenus avec l’utilisation d’un écran de protection arrière

CONCLUSIONS :

La cabine réduit indiscutablement les doses de radiation reçues par les physiciens réalisant des angiographies cérébrales et des embolisations. En termes de radioprotection, l’utilité de la cabine était particulièrement significative pour les régions du corps non couvertes par les EPI standards, en particulier la tête et le cou. Nous pourrions remédier aux points faibles de la cabine en améliorant le prototype réalisé par le fabricant tout en changeant légèrement nos habitudes de travail.

Retrouvez la publication dans son intégralité en cliquant ici.

[1] Commentaire du fabricant : la cabine appartient à la 1ère génération de cabine Cathpax® AF made réalisée en inox